L’envers du décor
Ce qui suit?
Des moments d’un parcours — des histoires vraies,
quelques anecdotes, et ce qu’elles m’ont appris.
Des frissons devant la TV, des coulisses et leçons apprises derrière l’écran.
Pour celles et ceux qui veulent comprendre d’où vient ce que je fais aujourd’hui, avec la Méthode EM3.
Quatres chapitres, et un bonus, l’histoire d’un « tube »!
Quatre chapitres d’un parcours
Cliquez sur celui qui vous attire. Ou commencez par la première séquence…
Le premier frisson

Je me souviens encore de ce moment. Le générique mythique du Téléthon retentit, et devant mon écran je me dis : un jour, je veux faire partie de cette aventure. Pas pour être à l’image. Ce qui me fascinait, c’était tout ce qui se passait dans l’ombre — ces équipes qui, pendant 30 heures de direct, orchestraient l’impossible sous la baguette de Jean-Maurice Ooghe et transformaient des défis techniques en émotions partagées..
Ce mélange d’adrénaline, de précision et de solidarité… c’est ça qui m’a donné envie de plonger dans l’univers TV. Et c’est ce même mélange que je retrouve aujourd’hui dans mes missions de conseil et de formation.
À l’époque, j’étais fasciné par la machinerie – les grues, le Junior –, la lumière… Ma période Classes Préparatoires Arts et Métiers : deux ans de rigueur mathématique où j’ai appris à penser en processus. Des compétences que je n’imaginais alors pas si utiles, des années plus tard, pour accompagner des organisations dans leurs transformations.
Puis à l’ICN Business School, la polyvalence : marketing, communication, direction de projets, budgets… Et à moins de 100 mètres de là, ma première expérience en production TV. Mes deux premières séquences, tournées en Europe. Pour Continentales, sur France 3. Merci Laurence pour ta confiance.

L’ombre et la lumière
En production TV, vous ne voyez pas ce qui se passe derrière l’écran. Pourtant, c’est là que tout se joue : la logistique, le management, la gestion de crise, l’humain avant tout…

La logistique : savoir anticiper, organiser, inventer des processus pour que tout soit prêt à l’heure H. Une école de l’agilité où chaque émission est un nouveau défi à relever.
Le management : diriger des équipes pluridisciplinaires — techniciens, animateurs, artistes — avec leurs talents, leurs doutes, leurs ego. Une expérience qui m’a appris à écouter, fédérer et faire grandir les individus.
La gestion de crise : quand tout s’emballe en direct, il faut garder son sang-froid, décider vite, rassurer l’équipe. Une compétence qui me sert aujourd’hui à accompagner mes clients dans leurs propres défis.
L’humain avant tout : pour chaque émission réussie, il y a des histoires humaines – des techniciens, en coulisses, qui se dépassent et, des animatrices et animateurs, face caméra, qui incarnent ce travail collectif. Et avec le sourire, même quand, dans l’oreillette, le producteur leur murmure – est-ce le bon terme ! – « Enchaine, on est en retard »
La construction d’un contenu : mettre la forme au service du fond, alterner les formats, leur rythme et leur contenu. Donner du sens à chaque élément – du décor aux illustrations graphiques dans les écrans – pour capter et conserver l’attention du public.
J’ai aussi appris à me tromper : le conseiller d’aujourd’hui n’est plus le manager d’hier. Chaque erreur a été une leçon pour mieux anticiper, mieux écouter, mieux s’adapter.

Le directeur de production était — est peut-être encore — perçu comme « l’homme qui dit non ». comme je l’avais titré alors dans un article sur Media(s) un autre regard. En réalité, il est bien plus : le maître du temps et du budget, certes, mais surtout le garant de l’équilibre entre contraintes techniques, attentes artistiques et impératifs financiers. Un rôle qui exige de savoir dire non… pour mieux dire oui, notamment pour rester en capacité de solutionner les difficultés de dernière minute.
Cette expérience m’a appris à accompagner les décideurs, même lorsqu’ils n’ont pas toujours le beau rôle. Parce qu’un bon directeur de production, comme un bon conseiller, n’est pas là pour imposer des limites, mais pour créer les conditions où chacun peut donner le meilleur de lui-même – même sous pression.
Une source d’inspiration toujours active
Parce que la production TV, c’est l’une des écoles de la vie en accéléré. On y apprend à s’adapter — chaque émission est un nouveau projet, avec ses contraintes, ses imprévus, ses équipes – à innover, à fédérer et à former.

Le Téléthon a été le déclencheur de ma carrière en télévision. Quelques années plus tard, côté association, à l’AFM, en tant que coordinateur d’équipes de bénévoles pour le direct parisien sur France Télévisions, j’ai bouclé la boucle — et découvert le monde associatif et coopératif. Des approches qui m’ont profondément inspiré.

Media(s) un autre regard, mon premier blog, a marqué un tournant personnel : passer du culte du secret au partage des procédés de réalisation. Valoriser ce qui est invisible. Un changement de paradigme. Ce jeune technicien croisé en plateau plus tard : « J’ai eu le poste grâce à vous, quand j’ai dit que je vous lisais régulièrement. » Ces retours-là, on ne les oublie pas.
J’ai aussi conçu et animé des conférences sur les coulisses TV de l’Euro 2016 — … Montrer que le travail invisible en coulisses est aussi crucial que ce qui se voit. Un parallèle direct avec ce que font les équipes de mes clients. Invisible, mais indispensable.
Vous avez dit atypique ?
J’aurais encore pu vous parler de ces excellents moments de 1er assistant de réalisation sur Zone Interdite sur M6, grâce à la confiance d’Olivier Beghin et de Mélissa Theuriau. Oui, mon parcours est original.
C’est justement ce qui en fait, je crois, sa force. Derrière chaque mission que je mène aujourd’hui, il y a 25 ans d’histoires, de défis relevés, et de leçons apprises sur le terrain. Une approche à la fois macro et micro — la vision d’ensemble et l’attention aux détails.
Mon expérience en production TV est une fondation solide. Une école de l’excellence opérationnelle, de la créativité sous contrainte, et du travail d’équipe. Des valeurs que je mets aujourd’hui à votre service.

Si vous croyez que le succès se construit avec des équipes engagées, des processus clairs, et une touche d’audace, alors parlons-en. Pas pour vous vendre une méthode, mais, avec méthode, pour écrire ensemble la suite de votre histoire.
L’histoire d’un tube à encens
Quand une mission improbable change le cours d’une carrière.

J’ai compris quelque chose d’essentiel
- Une mission a priori sans sens – un tube à encens! – peut bousculer une carrière.
- Accepter l’imprévu, même sans toutes les cartes en main — ça paie.
- La confiance qu’on vous donne, et celle que vous donnez — changent tout.
Partie 1 — Le bon plan
Tout commence par un « bon plan » de Miguel, 1er assistant de réalisation de Gérard Pullicino — ce réalisateur mythique de Taratata, celui qui m’avait aussi donné envie de travailler à la télévision. Miguel m’avait repéré comme assistant puis chargé de production d’émissions de variété sur France 2.
Ma mission : « Faire le tour de Paris avec 500 francs en poche pour trouver un tube à détourner. »
Un tube… pour y glisser le nom des gagnants des M6 Awards 2000, m’explique Philippe Stoltz, son producteur. 500 francs, un après-midi, une consigne : « Trouve quelque chose d’inattendu. »
J’avoue, j’ai failli refuser. Courir les boutiques pour un accessoire ? Mais quand, mon sac de courses rempli, je rencontre Gérard Pullicino et qu’il me dit, le sourire en coin : « Oh, et tu entends le bruit qu’il fait quand on l’ouvre ? Un « ploc » parfait. » — je comprends que ce tube à encens, trouvé chez Maisons du monde, allait devenir un gimmick tout au long du direct. Et pour moi, le début d’une belle aventure.
Partie 2 — Le jour J
Quelques jours plus tard, me voilà au Zénith de Lille pour le direct, avec une mission : « Gère l’espace VIP dans le public. » Simple en théorie.
Jour 1 : j’associe chaque VIP à une place précise.
Jusqu’ici, tout va bien.
Jour 1, soir : Alexis de Gemini, directeur des variétés M6,
s’intéresse à ma zone. « Non, untel ne peut pas être à côté de untel,
ils se détestent ! » Il a raison. (Mais j’ai quand même eu cette pensée : !#$%&*!)
Jour J : je réorganise tout au crayon sur mon plan papier.
Sauf que… entre les répétitions dans le noir et le stress montant,
les noms s’effacent. À quelques heures du direct, je suis toujours le seul
à savoir où installer chaque invité.
Pas le temps de tout réécrire. Le public entre, les premiers invités arrivent… Pas moyen non plus de briefer Valérie, qui m’a rejoint pour gérer la zone pendant le direct. Elle a un casque. Moi, non. Pas eu le temps de le récupérer! Pourtant, comme toujours il aurait pu être utile… A few moments later… : « Couche-toi, on est à l’image ! » me crie Valérie quand Laurent Boyer débarque avec les caméras pour meubler une panne d’ascenseur!
Résultat ? tout le monde était bien placé. L’effet douche lumière sur les gagnants fonctionne. J’ai géré de mémoire, en m’adaptant aux imprévus. L’adrénaline, décidément, ça aide.
Vers 1h du matin, Philippe, le producteur, vient me voir : « On te doit un énorme merci. Tu as tout géré seul. Sans toi, on aurait eu des fans de Jamel Debbouze qui débordaient la sécu. »
Ce soir-là, j’avais probablement fait l’expérience, sans le savoir, du triangle de Karpman : j’avais peut-être incarné le rôle de « sauveur » – épuisé mais satisfait- ou plutôt celui de « créateur de solutions ».
Quelques années plus tard…
… Alexis devient mon patron. Philippe me confie ma première Direction de Production. Belle revanche pour l’assistant qui courait les boutiques avec 500 francs en poche. Et de futures belles rencontres avec Hugo, Caroline, Jean-Marc, Renaud…
Ce tube à encens, je l’ai gardé.
À l’intérieur :
– mon « prix » de meilleur assistant,
– la liste des gagnants,
– un mot de remerciement de Philippe.
La confiance se gagne sur le terrain.
Pourquoi j’ai partagé cette histoire ? Pas par nostalgie — malgré beaucoup d’autres moments mémorables pendant 18 ans. Parce qu’elle résume ce que j’ai appris en production TV.
- Les défis — même un « tube » — peuvent révéler des talents cachés.
- L’imprévu n’est pas un ennemi. C’est une opportunité.
- Les détails comptent — qu’il s’agisse d’un tube à encens ou d’un processus bien huilé.
- L’humain et les processus sont indissociables. Sans les uns, les autres n’ont pas de sens.

