Un autre regard, une seconde nature.
Une première même, peut-être!
Défilé du 14 juillet, Roland-Garros, Tour de France, Les soirées d’élections présidentielles, The Voice… Ces images défilent sur nos écrans. Ce qui se passe en coulisses – les moyens techniques, les femmes et les hommes qui les rendent possibles – cela on ne le voyait rarement, jamais…
En 2009, j’ai lancé un blog pour montrer précisément cela. Je l’ai appelé Media(s) un autre regard. Sur le moment, faute d’inspiration, presque par défaut : un nom provisoire, en attendant mieux. Ce “mieux” n’est jamais venu, et c’est… tant mieux. Avec le recul, aucun nom n’aurait été plus juste. Mon ami Ludovic Baron m’en a vite proposé un premier logo, réussi (celui avec l’oeil!). Le nom provisoire est devenu définitif.
Je ne le savais pas encore, mais ce nom disait déjà l’essentiel. Il y a peu, je mettais en ligne une page qui porte ce même titre – Un autre regard – , cette fois appliquée à ma façon d’accompagner les dirigeants, dès nos premiers pas ensemble.
Mur d’image de la réalisation du Tour de France – Réalisation Jean-Maurice OogheUne curiosité qui ne m’a jamais quitté
Rien ne me destinait à la télévision. Bon en maths, prépa scientifique, puis école de commerce : j’étais promis aux grandes entreprises. Je suis entré “à la télé” par la plus petite porte, en tant qu’assistant (photocop et cafés!), parce que cet univers – le Téléthon et tant d’autres programmes – m’attirait plus qu’un poste tout tracé. J’ai rapidement évolué pour devenir Directeur des productions.
Ce qui m’a porté, d’un bout à l’autre, c’est la curiosité. Celle qui pousse à comprendre comment les choses fonctionnent, et pourquoi. Un directeur de production peut se contenter d’un rôle : celui qui tient les chiffres, celui qui dit non. Je pense avoir exercé ce métier différemment. J’ai toujours voulu me mettre au service de l’ambition des programmes, et de leur diversité. Un programme = un nouveau projet… Et Media(s) un autre regard en a été le prolongement naturel.
Montrer, raconter, expliquer, dans un milieu qui cultivait le « secret »

Media(s) un autre regard, c’était les coulisses de la production et de la réalisation télé, racontées de l’intérieur par un professionnel. Une journée type de tournage. Un plan de caméra officiel, commenté, illustré de photos. Le seul endroit où l’on pouvait trouver ça : sentir ce qui se passait vraiment sur un plateau, découvrir ces métiers, ces technologies, ces savoir-faire qu’on ne montre jamais à l’écran, et qui méritaient pourtant d’être valorisés.
Un film réussi vous emporte dans son histoire ; les comédiens disparaissent derrière leurs personnages. Ce n’est pas le moment de vous dire « vous avez vu le décor qu’on a construit ? » ou « c’était compliqué on a refait la prise dix fois, mais on y est arrivé ». Tout cela arrive après, au générique et dans les making-of qui font notre plaisir.
En télévision, c’était pareil, avec un ingrédient de plus : le culte du secret.
Je me souviens de la préparation du premier Bachelor sur M6. Une salle de réunion aux vitres opacifiées par des pages de journaux, dont l’accès était réservé à l’équipe du programme. Le casting provisoire était affiché sur un mur, gardé jalousement jusqu’à la diffusion. Et pourtant, à quelques bureaux de là, l’équipe divertissement, jamais mise dans la confidence, le connaissait mieux que moi.
Des secrets souvent éventés. Et qui servaient surtout, au fond, à flatter l’ego de celles et ceux qui « savaient ».
Plateau France Télévisions à Roland-GarrosMa vraie fierté alors : faire évoluer les cultures
(La conduite du changement avant l’heure!)J’ai commencé sur les tournages d’amis, qui acceptaient que je montre et explique à mes lecteurs leurs prouesses techniques — cette caméra placée là, juste là, au service du programme. « Tu vas vraiment publier mon plan de cam ? » Puis on m’a sollicité. A la Plaine Saint-Denis, où tant d’émissions sont tournées : « Emmanuel, tu viens nous voir quand? Si tu veux que je te parle de ma réal… »
Et c’est là qu’est ma vraie fierté. Pas d’avoir tenu un blog — d’avoir vu, article après article, le culte du secret se muer en partage. La créativité et le savoir-faire de la production et de la réalisation françaises, enfin mis en avant. Une diversité de réalisateurs créatifs et innovants mis en lumière. Des métiers de l’ombre, reconnus et valorisés. Faire bouger, un peu, une culture entière : voilà ce dont je suis le plus fier.
Et une chose, aussi, que je ne m’étais pas encore formulée.
Après quelques reportages, des techniciens que j’avais engagés et côtoyés à longueur de tournages s’étonnaient. « C’est amusant de te voir parler de nos métiers, t’y intéresser. » Amusant ? Oui. Et surtout révélateur. Ils n’avaient donc jamais pris conscience que pour établir mes budgets et mes plannings, je ne gérais pas que des chiffres : j’anticipais des besoins en personnel et en moyens techniques. J’avais commencé par beaucoup observer, comprendre chacun de ces métiers et ce qui faisait leur importance. Le seul changement de mon côté, entre le directeur de production que j’avais été et le blogueur qui observait leur tournage, c’était le temps : celui d’échanger vraiment, et de ne plus être l’interlocuteur des seuls moments où l’on vient râler, enfin faire ses doléances!
Je pense aussi à cet autre moment, dans les coulisses d’un autre tournage…
Vous êtes Emmanuel de Média(s) un autre regard ? J’ai eu mon premier poste grâce à vous.
— Un jeune technicien venu à ma rencontre
Tiens, je venais de gagner une particule ! En entretien, un réalisateur lui avait reproché son manque d’expérience terrain. Il avait répondu qu’il lisait mon site chaque semaine. C’est, m’a-t-il dit, ce qui avait fait la différence.
Roland-Garros – Caméras Lourdes AMP Visual TVLe même regard, aujourd’hui, dans votre entreprise
Aujourd’hui, je ne pose plus ce regard sur des plateaux, mais dans des entreprises. La mécanique, elle, n’a pas changé.
Une nouvelle entreprise, un autre secteur d’activité ? Je m’intéresse aux métiers, aux façons de faire. Et je pose les questions que l’habitude a fini par faire taire. Pourquoi cet outil, et pas un autre ? Pourquoi ces process, ces méthodes ? Non pour juger — mais parce que la force de l’habitude finit toujours par s’installer, et que, de l’intérieur, plus personne ne la voit.
Ce regard-là ne se limite pas à une première rencontre. Il traverse toute ma façon de travailler : dès le premier temps de la Méthode EM³ et de sa Spirale Positive — clarifier ce qui semble aller de soi —, à chacun de ses niveaux dont le MESO, central et à ses 4 domaines d’application. Et lorsque j’interviens comme bras droit externalisé, je commence toujours de la même manière : questionner, comprendre, challenger. Du premier échange à la dernière décision.
L’invitation est lancée
Media(s) un autre regard n’est plus en ligne depuis quelques années. Mais le regard qui l’a fait vivre, lui, ne s’est pas éteint. Il a simplement changé de terrain.
La meilleure façon de le découvrir, c’est d’en faire l’expérience — et elle commence par une invitation. Avant même que je pose le mien, je vous invite, vous, à en porter un autre sur votre propre entreprise : sur une situation que vous connaissez pourtant par cœur. C’est tout l’esprit de la première étape que je propose aux dirigeantes et dirigeants, offerte, avant même tout engagement : un échange, un questionnaire, puis une première lecture personnelle que je vous remets : Nos premiers pas, ensemble
Faire connaissance avant de contracter. Ça aussi, c’est resté
C’est peut-être le moment de porter, ensemble, un autre regard sur votre entreprise.




